Une question d'actualité : les retraites.
L'inexorable vieillissement de la population observé depuis une trentaine d'années a placé le problème des retraites au cœur de l'agenda politique et suscité dans notre pays une série de réformes, la dernière ayant de peu précédé la diffusion du questionnaire dont nous analysons les réponses. Le sujet est particulièrement controversé.
La répartition des temps de vie (formation, activité, retraite) est au cœur de l'organisation sociale. Durant la période contemporaine, le temps biographique, situé dans la longue durée des héritages entre les générations, et celui de la production, soumis aux impératifs du juste à temps se sont éloignés l'un de l'autre. L'âge d'être vieux a sensiblement reculé dans la vie sociale tout en diminuant dans la vie professionnelle, la discrimination par l'âge ayant longtemps été le moyen privilégié de la flexibilité des effectifs. La réforme des retraites de 2010, en portant l'âge légal de départ à 62 ans ne peut que réduire cette tentation. Les réponses fournies à la question « A quel âge devient-on un senior ? » montrent la persistance des stéréotypes dans la population des spécialistes des ressources humaines.
Selon vous, à quel âge devient-on senior ?

45 % des répondants fixent l'entrée dans la seniorité à 50 ans (voire moins de 45 ans pour 20 % d'entre eux) ; à cet âge l'espérance de vie d'un homme est de 31 ans environ, celle d'une femme de plus de 36 ans. Ces chiffres montrent la nécessité d'une gestion des âges par les entreprises si l'on entend sauvegarder un droit à la retraite. Seule une petite majorité d'entre elles (51,7 %) s'y est pour le moment engagée. La mise en œuvre d'une stratégie démographique intégrant dans une construction cohérente tous les instruments de la gestion des âges deviendra de plus en plus urgente dans les deux prochaines décennies. Les principaux outils sont connus aujourd'hui, et hiérarchisés par les répondants de la façon suivante :
La réforme des retraites entraine le maintien au travail des salariés vieillissants :
quels moyens envisagez-vous de mettre en oeuvre pour affronter ce défi (%) ?

Leur développement, en facilitant le maintien au travail des seniors, peut apporter une contribution au problème du financement des retraites. D'autres voies sont envisageables, de nature plus financières, notamment l'encouragement des mécanismes de capitalisation de l'épargne et l'augmentation de l'impôt sur le capital.
Quels sont, selon vous, les meilleurs moyens pour sortir de la crise du financement des retraites (%) ?

La question de l'équilibre des régimes de retraites est appelée à prendre une place croissante dans l'opinion publique et dans les préoccupations des responsables des ressources humaines. La réciprocité des engagements entre les générations est aujourd'hui compromise (la croissance de la dette publique fait peser une menace sur la pérennité du système des retraites par répartition, la crise financière de 2009 a détruit la crédibilité des systèmes fondés sur la capitalisation de l'épargne). Les entreprises peuvent concourir à sa restauration en renforçant la dimension stratégique de la fonction ressources humaines.


