Quels changements à venir dans l’organisation du travail suite à la crise Covid-19 ?

Dans le baromètre « Travailler demain », mené en mars en partenariat avec l’Usine Nouvelle et Infopro Digital, Bodet Software décrypte le monde professionnel post-crise. Plus de 1 015 dirigeants, managers et salariés de tous secteurs d’activité ont pu s’exprimer sur leurs attentes et leur perception du travail de demain. Pour 61% d’entre eux, un retour au “travail d’avant” parait impossible. Quels seront les grands changements dans l’ère du travail post-crise ? Quelles évolutions peut-on dès à présent pressentir ? À quels enjeux seront confrontés les DRH et managers dans le futur ?

Quels changements attendre dans le monde du travail de demain ?

Les habitudes de travail devraient évoluer selon les 2/3 des participants interrogés dans le cadre de l’enquête « Travailler demain ». Un sentiment qui apparait notamment plus marqué pour les managers.
Parmi les composantes du travail les plus susceptibles de changer, sont citées : le télétravail (71%,), l’aménagement des espaces de travail (48%), les rythmes de travail (42%), le rapport à l’entreprise (39%) et le travail d’équipe (39%).

Une majorité de répondants favorable à la poursuite du télétravail

Ancré dans les pratiques avec la crise Covid-19, le télétravail est devenu une requête forte de la part des travailleurs l’ayant expérimenté avant ou durant la crise. Parmi eux, 93% souhaiteraient poursuivre la pratique du télétravail si leur entreprise leur laissait le choix.

Pour autant, seuls 15% des répondants souhaiteraient prolonger le travail en distanciel à temps plein. Ils sont ainsi bien plus nombreux à souhaiter télétravailler à temps partiel, soit quelques jours par semaine (34%), soit via un quota de jours par an (35%), ou encore de manière exceptionnelle en cas d’imprévu (9%).

Il s’agit davantage un besoin de flexibilité qui s’exprime au travers de ce plébiscite du télétravail qu’une réelle rupture avec la vie du bureau. Ce besoin de flexibilité horaire est d’ailleurs la révélation de cette enquête : la quasi-totalité des répondants se dit attachée à la flexibilité de son temps de travail (jugée indispensable ou importante à 92%).

Le bureau demeure un espace de travail privilégié, sanctuaire du lien social

Interrogés sur le lieu de travail qu’ils privilégieraient selon tâches à effectuer, les répondants ont cité plus de raisons pour se rendre au bureau que pour travailler à distance.

Ainsi, le retour au bureau est clairement plébiscité pour des activités liées à l’échange entre collègues (87%), au travail collaboratif (78%) et à l’organisation d’entretiens d’évaluation (74%). À l’inverse, les professionnels privilégieraient le télétravail pour se concentrer (68%), effectuer des suivis administratifs (65%) et réaliser des tâches répétitives (65%).

Le fait de pouvoir rester concentré au travail reste une préoccupation majeure : 67% préféreraient que leur retour en entreprise se fasse au sein d’un bureau fermé – individuel (44%) ou partagé (23%). À l’opposé, les espaces étendus sont déconsidérés, à l’image des open-spaces (12%) et des espaces de coworking (6%).

Rythme de travail : la fin d’un modèle ?

Une révolution silencieuse semble se profiler du côté des rythmes de travail. Questionnés sur leur rythme de travail idéal, seuls 26% des travailleurs restent favorables au maintien d’un rythme traditionnel, de type 35h sur 5 jours, ou forfait jour, etc.

À l’inverse, des tendances s’affirment vers des rythmes de travail plus souples. S’ils avaient le choix, 29% des participants à l’enquête s’orienteraient vers la semaine de 4 jours (en particulier pour les femmes et les décideurs issus de grandes entreprises), et 27% préféreraient une totale liberté pour fractionner leur temps de travail sur la semaine entière (notamment pour les participants issus de directions générales).

Toutefois, les rythmes plus originaux – journée de 5h ou année de 8 mois – ne recueillent pas l’intérêt d’une part significative des travailleurs.

Le rapport à l’entreprise en question : RH et managers vont devoir concilier collectif et flexibilité

Les professionnels interrogés sont partagés sur l’évolution du rapport des salariés à leur entreprise après la crise : 38% estiment que l’engagement sera renforcé quand 36% présument qu’il sera affaibli.

Ce qui n’est pas remis en question en revanche est le travail collaboratif. Selon les participants à l’enquête, sa forme idéale est un travail au sein de mini équipes projets agiles évoluant dans le temps (46%). Les formes de travail atomisées ne suscitent, quant à elles, que peu d’intérêt, à l’image des entreprises constituées de travailleurs indépendants (6%) ou des entreprises sans managers (5%).

Pour accompagner leurs collaborateurs demain, les décideurs RH et managers priorisent les projets tels que : l’articulation entre présentiel et distanciel (47%), le développement de la formation à distance (44%) et le développement du télétravail (40%).

“ Cette étude nous donne un bon aperçu de l’impact qu’a eu la crise sur le rapport au travail. La majorité des participants n’envisage d’ailleurs pas un “retour au travail d’avant”. Nous sommes aujourd’hui sur une ligne de crête : un an après le premier confinement, le modèle traditionnel centré sur des horaires fixes et le 100% présentiel semble ébranlé. Les managers et les RH vont avoir un rôle décisif dans la création d’un nouveau modèle, plus flexible, pour pérenniser l’adhésion des collaborateurs.”

Eric Ruty, Directeur Général de Bodet Software

“Travailler demain” : une enquête réalisée pour Bodet Software et L’Usine Nouvelle, en partenariat avec Infopro Digital Etudes, du 2 au 22 mars 2021. Cette étude s’appuie sur les réponses de 1015 professionnels issus des secteurs de l’industrie, la finance, l’assurance, l’immobilier, le commerce, l’enseignement, la construction, l’information et la communication, les transports, les services aux entreprises, la santé, l’hébergement médico-social, l’action sociale, l’hébergement, la restauration et les services aux ménages.
58% exercent des fonctions de management quand 42% n’ont pas de missions d’encadrement. Parmi les entreprises représentées : 7% de TPE / 37% de PME / 28% d’ETI et 27% de Grandes Entreprises.